Images: jours tranquilles

Images de gens et de lieux, d’une époque où l’on s’envoyait des cartes postales en noir et blanc,  qui aujourd’hui sont devenues les témoins muets de places, d’églises, de lieux remarquables et d’ombres à jamais disparues. Images vestiges d’un passé proche qui progressivement se dilue, mais qui néanmoins continue encore de  chuchoter son histoire à celui qui ici saura écouter l’horloge impie, qui vole le temps, et qui, tranquillement, inexorablement tranche les heures.

ImageHiver cru, cinq acacias taillés, début des années trente

Groupe de trois femmes, robes longues et tabliers ceinturés, deux adolescents et quatre enfants sur la place de l’église, tous posent, certains regardent l’objectif, il est midi et sept minutes. À droite un appentis fermé épaule l’église, au dessus de sa porte est inscrit ”pompe incendie” et sur son mur, suspendue, on peut voir la grande échelle. Au premier plan adossé à un muret, une porte dégondée. Au fond, un mur et une autre porte, qui cachent partiellement deux maisons.

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À l’ombre maigre, une foule endimanchée au début des années 1930, sur la place de l’église: (COURRIER DU 17/02/1935).

Sous les acacias, un dimanche de printemps à onze heures mois le quart, les hommes immobiles attendent tranquilles( la sortie de la messe?). Leurs mains sont dans les poches, les casquettes et les chapeaux sur les têtes, dans le coin une femme et deux enfants. Tous posent et regardent l’objectif. Le photographe a dû choisir entre le premier plan et le coq du clocher qu’on ne voit pas, mais  au sommet de la tour on remarque pour première fois, la présence d’un drapeau métallique” bleu blanc rouge”, les couleurs de la république sont fixées à l’angle de la rambarde.

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Gravats, hiver, dix-sept heures et sept minutes

Trois groupes, un homme qui s’en va les mains dans les poches et qui nous regarde. La femme est entouré de quatre enfants, dont un nous observe. De dos, un adulte massif et un adolescent se dirigent vers l’un des deux tas de gravats adossés au mur de l’église. Un homme et un garçon discutent devant la porte de l’église. Quatre histoires qui se croisent. Sur la porte, ”RÉPUBLIQUE FRANÇAISE” et les mots Liberté-Egalité-Fraternité, entourent l’arcature. Le mur au font de la place a été détruit. Années quarante?

clocher place 11   Espaces:  Place du village  Rien n’est vraiment cadré, il ne s’agit pas d’une carte postale.

printemps-été, midi moins le quart: sous la boule de granit, le cadrant solaire dans l’axe du clocher (vérité et science du temps). Au premier plan à droite le billot du boucher Anglade avec une pièce de viande posée dessus, juste derrière deux femmes discutent,  deux autres vaquent à leurs occupations. Au centre, trois filles  en mouvement, l’une regarde l’autre qui regarde une troisième qui fixe le photographe. Sur les murs, de la publicité, à droite, celle des chocolats meuniers peinte (sûrement en bleu), au fond sur le mur, le goulot d’une bouteille recouvert par une affiche où l’on peut lire Paris Perpignan, et par dessus, une publicité d’apéritif: Amer-Picon (blanche sur fond rouge carmin), et plus à gauche encore, d’autres affiches illisibles.